Apres un report, le sommet extraordinaire des Chefs d’Etat de la Cédéao est finalement prévu le 4 juin prochain à Accra, la capitale du Ghana. Ce sommet sera consacré à la situation au Mali, au Burkina et à la Guinée, tous des pays en transition militaire avec des réalités différentes.
La situation transitoire de ces 3 pays sera examinée par les Chefs d’Etat au cas par cas. Concernant le cas précis de la Guinée, une source proche de l’entourage du ministre Morissanda Kouyaté, le chef de la diplomatie guinéenne, nous fait savoir qu’il se pourrait que la Guinée échappe du moins pour le moment à de lourdes sanctions notamment économiques et financières.
Une autre source précise que les discussions risquent d’être houilleuses lors du sommet notamment sur la durée de la transition fixée à 3 ans par une résolution du conseil national de la transition et entérinée par le CNRD. Ce délai est vivement contesté par une frange importante de la classe politique réunie au sein du G58 et d’une partie de la société civile qui évoquent une violation de la charte de la transition à son article 77 et dénoncent la gestion solitaire de la transition par le CNRD, la junte militaire au pouvoir en Guinée.
Et dans une sortie sur la chaine Africa 24, le président de la commission de la Cédéao, Jean Claude Kassi Brou, qui est à la fois les yeux et les oreilles des Chefs d’Etat, a clairement indiqué que le délai de 3 ans était long et ne correspondait pas aux exigences de l’institution sous régionale. Ce qui porte à croire que le sommet du 4 juin sera suivi de près pour connaitre le sort qui sera réservé à la Guinée.
Concernant le cas du Mali, un article publié sur RFI fait le point de la situation:
Vers une levée des sanctions ?
Un tel accord est-il réellement sur les rails ? C’est en tout cas la dynamique de certains chefs d’État, assure une source proche des négociations, qui évoque notamment les tentatives du Sénégal, du Togo ou du Bénin pour assouplir les positions de la Côte d’Ivoire et du Niger.
Si un accord était trouvé, permettrait-il une levée des sanctions immédiate, comme le souhaite Bamako ? Ou progressive, en fonction de l’avancée des préparatifs électoraux, comme le prévoit depuis le début la Cédéao ? Des partis politiques maliens d’opposition pourraient-ils être intégrés au futur gouvernement ? Quid de l’actuel Premier ministre Choguel Maïga, dont la personnalité braque de nombreux partenaires internationaux du Mali, y compris sur le continent ?
En mars dernier, le Président malien de transition Assimi Goïta avait été personnellement invité à un précédent sommet, ce qui avait déjà soulevé de nombreux espoirs sur une imminente sortie de crise. Espoirs finalement douchés par le refus du colonel Goïta de se rendre à Accra : le sommet avait consacré la poursuite des sanctions et des négociations entre la Cédéao et Bamako pour un retour à l’ordre constitutionnel.
RFI














