Tribune : Les événements de N’zérekoré sont d’une énorme gravité et traduisent l’immoralité et l’irresponsabilité des organisateurs ( Par Alseny Thiam)

Les événements de N’zérekoré sont d’une énorme gravité et traduisent l’immoralité et l’irresponsabilité des organisateurs.
En effet, à un moment où les manifestations publiques sont interdites dans tout le pays, les organisateurs témoignent que l’un des principes fondateurs du droit à savoir le principe de la généralité de la loi n’est pas imposable aux autorités.
Nous avons clairement une justice à deux vitesses, celle qui s’applique aux manifestants rigoureuse et dure, et celle qui s’applique aux autorités et aux sympathisants du pouvoir qui est indulgente, liberticide, permissible et qui a conduit à ce drame…
En effet, le droit et la justice ne doivent être instrumentalisés et utilisés pour le seul bénéfice du prince ou du chef, la loi doit être appliquée pour tout le monde et avec la même intensité et cette justice à double vitesse me rappelle encore les propos du Président Mamadi Doumbouya qui affirmait je le cite : » la justice doit être notre boussole » ou encore « nous sommes là pour faire l’amour à la Guinée ».
Cher président, la boussole est en train de tanguer, si j’ai une prière et une doléance à vous faire, c’est bien d’organiser ces élections de manière rapide et de rendre le pouvoir à celui que le brave et courageux peuple de Guinée aura choisi…Sans quoi la tension va s’accentuer, la marmite va continuer à bouillir et cela risque d’avoir des conséquences dramatiques pour la paix sociale dont vous tenez et à laquelle vous êtes le garant…
Ces événements à N’Zérekoré avec plus d’une cinquantaine de morts provisoires sont certes un accident, mais une conséquence d’une application de la loi de manifestation à « double vitesse » et à l’avantage de vos sympathisants…Ce tragique événement est par la gravité des faits, l’immaturité des organisateurs comparable et excusez-moi l’exagération si il y en a une, au drame du 28 septembre 2009 qui s’est aussi déroulé dans un stade de football.
Mr le président il est encore temps d’agir pour le bonheur de notre pays, la paix sociale et l’harmonie de notre peuple. Ne laissez pas la situation s’envenimer et le chaos perduré…
Alseny Thiam, économiste et consultant