Alors que la pénurie de liquidités perturbe de plus en plus les rouages de l’économie guinéenne, la Banque Centrale a convoqué, ce mardi, les Établissements de Monnaie Électronique (EME) pour une rencontre stratégique. En ligne de mire : accélérer la transition vers une économie digitalisée et restaurer la fluidité des échanges financiers.
Le constat posé par le Premier Vice-Gouverneur, El Hadj Mohamed Lamine Conté, est sans appel : 94 % des billets en circulation échappent au système bancaire, conservés hors des circuits officiels. Ce phénomène de thésaurisation chronique compromet la disponibilité du cash dans les agences et distributeurs, malgré les efforts répétés de la BCRG pour alimenter l’économie.
Face à cette situation, la Banque Centrale plaide pour une restructuration en profondeur des habitudes de paiement. Le numérique s’impose désormais comme le levier central de la modernisation du système financier.
« Trouver des solutions pérennes, c’est assurer un développement durable pour notre pays et tracer une voie claire pour les générations futures », a déclaré le Premier Vice-Gouverneur.
La stratégie préconisée repose sur deux axes majeurs : généraliser l’usage des paiements électroniques et intégrer les flux financiers informels dans les circuits bancaires.
L’Association des EME, par la voix de sa présidente, a salué l’initiative de la BCRG, y voyant une opportunité historique. Inspirée par les réussites observées ailleurs sur le continent, elle a formulé trois propositions concrètes pour accompagner cette mutation :
- Relèvement des plafonds de transaction, afin d’élargir l’usage des services numériques dans les activités quotidiennes ;
- Bancarisation obligatoire pour certains segments d’opérateurs économiques fortement utilisateurs de cash ;
- Interopérabilité renforcée entre les plateformes de paiement, pour une meilleure fluidité et inclusion financière
À l’issue des échanges, la BCRG a invité les établissements à formaliser leurs recommandations en vue d’élaborer un plan d’action commun. L’institution s’engage à offrir un cadre réglementaire adapté et des mesures d’accompagnement pour surmonter les obstacles à la digitalisation.
Dans un contexte de pression économique croissante, la numérisation des paiements ne représente plus un simple choix technologique, mais un impératif stratégique. Bien encadrée, elle pourrait devenir un vecteur de croissance inclusive, stimulant l’activité économique tout en facilitant l’accès aux services financiers pour les populations non bancarisées.
En attendant, les agents économiques continuent de fortement ressentir les effets de la crise de liquidité au quotidien.
Bhoye Diallo












