Le projet Simandou est en passe de transformer en profondeur l’économie guinéenne. Dans un entretien à nos confrères d’Africaguinée.com, Mamoudou Nagnalen Barry, Président du Conseil d’Administration de la Compagnie du TransGuinéen (CTG), expose les dimensions économiques et stratégiques de ce méga-projet minier, considéré comme l’un des plus ambitieux du continent.
Avec un investissement global estimé à 20 milliards de dollars, soit l’équivalent du PIB actuel du pays, la Guinée franchit un cap historique. Les projections portent désormais le PIB national au-delà de 30 milliards de dollars, soutenu par des revenus directs d’un milliard de dollars par an pour l’État dès les premières phases d’exploitation.
Un signal fort pour la confiance des investisseurs
Selon M. Barry, cette dynamique repose sur la confiance retrouvée des partenaires internationaux. « Les plus grandes entreprises mondiales de l’acier et de l’aluminium ont choisi la Guinée parce qu’elles y voient un leadership clair et une vision de long terme », souligne-t-il.
Cette confiance traduit la capacité du pays à accueillir et à sécuriser des investissements de grande envergure, tout en respectant des standards internationaux de gouvernance, de transparence et de performance.
Des retombées économiques majeures
Simandou représente une nouvelle dimension économique pour la Guinée. Peu de projets africains génèrent un tel niveau de revenus publics. Au-delà de ses apports budgétaires, le projet crée une chaîne d’opportunités économiques : emplois directs et indirects, développement des infrastructures ferroviaires et portuaires, et intégration progressive des entreprises locales.
Le Président du Conseil d’Administration de la CTG insiste cependant sur un principe clé : « Le respect des engagements mutuels est essentiel pour que les retombées atteignent les populations. »
La phase opérationnelle du projet prévoit une production initiale de 40 millions de tonnes de minerai de fer dès l’année prochaine, avant de passer à 120 millions de tonnes d’ici trois ans.
Ces volumes placent la Guinée parmi les principaux exportateurs mondiaux de fer de haute qualité un positionnement stratégique sur un marché dominé par la Chine, principal consommateur mondial.
À titre de comparaison, la production initiale équivaudra à vingt fois la valeur combinée des exportations de cacao et d’anacarde de la Côte d’Ivoire, illustrant l’ampleur de l’impact attendu sur la balance commerciale guinéenne.
Au-delà de la production minière, la “guinéisation” du projet constitue une priorité. La Compagnie du TransGuinéen (CTG), dont 75 % des capitaux sont issus du projet Simandou, vise à devenir une entreprise ancrée localement, mobilisant les compétences nationales à tous les niveaux de la chaîne de valeur.
Les revenus issus du projet seront orientés vers la mise en œuvre du programme “Simandou 2040”, qui prévoit le financement de 122 projets structurants dans les domaines des infrastructures, de l’énergie, de la formation et de la transformation industrielle. Un fonds souverain est également envisagé pour garantir la pérennité des ressources et préserver les intérêts des générations futures.
Avec une teneur élevée en minerai de fer et des capacités d’exportation de classe mondiale, la Guinée se positionne désormais comme un acteur central du marché international. Le projet Simandou redéfinit les équilibres mondiaux du fer, au point que les analystes évoquent désormais « un avant et un après Simandou ».
Convergencegn.com
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