Depuis plusieurs mois, le Mali, dirigé par le colonel Assimi Goïta, fait face à une pénurie de carburant, accentuée par la dégradation de la situation sécuritaire dans le nord du pays, où opèrent des groupes djihadistes. Assimi Goïta, sollicite le soutien de Mamadi Doumbouya, avec qui les relations se sont récemment tendues.
C’est dans ce cadre que le président malien a dépêché ce mardi son Premier ministre, Abdoulaye Maïga, à Conakry. Le Premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah, a reçu son homologue malien pour une visite d’amitié.
Les deux responsables ont ensuite tenu une conférence de presse conjointe, abordant notamment la crise du carburant au Mali et la coopération en matière de sécurité.
Interrogé sur un éventuel soutien de la Guinée face à la pénurie de carburant au Mali, Bah Oury a souligné que le dossier dépend des ministères compétents.
« Les ministres sectoriels ont en charge certains aspects techniques en relation avec la question que vous venez de poser. Ce sont des questions qui méritent des réponses concrètes, sans aucune forme de publicité », a-t-il déclaré.
Sur la lutte antiterroriste, le Premier ministre guinéen a rappelé la nécessité d’une approche réservée.
« Les questions sécuritaires méritent d’être traitées avec discrétion pour être plus efficaces », a-t-il affirmé, ajoutant que la Guinée suit « tout ce qui peut affecter la stabilité » du Mali, de la Guinée et de la sous-région.
Selon lui, « des réponses pratiques seront données en fonction de l’évolution des situations sur le terrain ».
Abdoulaye Maïga a commencé par replacer la situation malienne dans son contexte.
« En 2012, le Mali avait perdu plus de 70 % de son territoire à cause de l’action des groupes terroristes. Depuis trois ans, nous avons pu inverser la tendance grâce à l’engagement de nos forces de défense et de sécurité », a-t-il rappelé.
Concernant la pénurie de carburant, il a estimé que les perturbations logistiques étaient liées aux actions des groupes armés.
« Ce changement de mode opératoire des groupes terroristes indique que ces derniers sont aujourd’hui sous pression des forces armées maliennes », a-t-il dit.
Selon lui, ces groupes, qui contrôlaient des régions entières en 2012, « perturbent aujourd’hui les circuits logistiques ».
Le Premier ministre malien a également dénoncé ce qu’il décrit comme une « guerre informationnelle » visant son pays.
« Nous avons suivi certains scénarios prétendant que Bamako serait encerclé. Je voudrais vous rassurer : Bamako n’a jamais été menacé », a-t-il déclaré.
Il a critiqué certains médias, citant notamment Radio France Internationale. Cette rencontre visait aussi à consolider les relations entre la Guinée et le Mali.
Bhoye Diallo













