Après des heures de discussions tendues et ininterrompues, le gouvernement et les organisations syndicales de l’éducation ont finalement trouvé un terrain d’entente. C’etait vers 3 heures du matin ce samedi 3 janvier 2026, qu’un nouveau protocole d’accord a été paraphé dans les locaux du ministère du Travail et de la Fonction publique, mettant provisoirement fin à une crise qui paralysait le secteur éducatif.
Fruit de négociations qualifiées d’âpres mais constructives, ce texte engage le Gouvernement et l’intersyndicale de l’éducation (SLECG, FSPE, SNE) autour d’une vision commune : restaurer la confiance et consolider l’unité syndicale dans la défense des droits des enseignants.
Pour le secrétaire général du SNE, Pépé Michel Balamou, l’enjeu dépasse les concessions financières. À ses yeux, cet accord marque un tournant décisif. Il permettra, selon lui, de mettre fin aux interprétations contradictoires des anciens protocoles et de poser des bases plus claires pour les engagements futurs.
Des améliorations financières significatives
Sur le plan matériel, le protocole introduit des revalorisations notables. L’indemnité de logement connaît une augmentation substantielle, passant de 450 000 à 700 000 francs guinéens. Celle dédiée au transport évolue également à la hausse, atteignant désormais 650 000 francs guinéens contre 450 000 auparavant.
Mais les discussions ne se sont pas limitées à ces mesures. La question sensible des primes de fonction accordées aux cadres et responsables des structures éducatives déconcentrées chefs d’établissements, adjoints et directeurs d’écoles a occupé une place centrale dans les échanges.
Une commission pour clarifier les primes de fonction
Afin d’éviter toute confusion et garantir l’équité, les parties ont acté la création d’une commission technique paritaire réunissant représentants du Gouvernement, des syndicats et de la médiation. Sa mission consistera à identifier, vérifier et valider l’ensemble des actes administratifs liés aux nominations dans les différents sous-secteurs de l’éducation et de la formation.
Un délai de deux mois, couvrant janvier et février 2026, a été fixé pour permettre à cette commission de produire un rapport détaillé. Ce document servira de référence pour déterminer l’attribution effective des primes de fonction aux responsables concernés.
Le dossier des contractuels relancé
Autre point majeur : la situation des enseignants contractuels. Le syndicat a obtenu l’ouverture d’un cadre d’examen pour le cas des 4 500 contractuels communaux non admis à l’issue de la dernière évaluation pratique. Une commission spécialisée sera chargée de réanalyser leurs résultats et de statuer sur leur avenir professionnel.
Par ailleurs, une attention particulière sera accordée aux enseignants contractuels exerçant dans la zone spéciale de Conakry, dont la situation fera l’objet d’un examen distinct.
Le dialogue social comme garantie
Garant du suivi de cet accord, le Conseil National du Dialogue Social (CNDS) a réaffirmé son rôle de vigie. Son président, Dr Alia Camara, a assuré que son institution veillera scrupuleusement au respect des engagements pris, tout en promouvant une concertation continue entre les parties.
Selon lui, ce protocole ne constitue pas une finalité, mais une étape essentielle dans un processus plus large de stabilisation durable du système éducatif.
Vers une reprise apaisée des cours
Avec la signature de cet accord, les signaux sont désormais au vert pour une reprise normale des activités pédagogiques. Les cours devraient redémarrer dans un climat plus serein dès le 5 janvier, ouvrant la voie à une nouvelle phase de dialogue et de réformes pour l’école guinéenne.
Bhoye Diallo













