Le climat politique se crispe à l’approche des élections législatives et communales dont la date est fixée au 24 mai 2026. Le président de la Coalition Politique pour la Rupture (CPR), Dr Faya Millimouno, candidat malheureux à l’élection présidentielle du 28 décembre dernier, a exprimé ses préoccupations devant la presse ce mercredi à la maison de la presse à la minière.
Il a réagi à l’annonce de la création du parti Génération pour la Modernité et le Développement (GMD Bâtir Ensemble), présenté comme proche du chef de l’État, Mamadi Doumbouya. Selon lui, cette démarche pose la question de la place de l’administration dans la compétition politique et laisse craindre un déséquilibre du jeu démocratique.
« Aujourd’hui, nous nous trouvons devant des signaux très préoccupants et qui ne devaient laisser aucun Guinéen indifférent. L’Etat semble vouloir créer son propre parti au risque de confondre administration et organisation politique. Chacun de vous suit le premier ministre qui reçoit le mandat du président de créer un parti qui s’apparente à un parti-État. L’administration publique perd sa neutralité. L’espace civique se rétrécit dangereusement. Les partis sont suspendus, les médias sont fermés, les manifestations sont interdites, etc. L’élection est en train de devenir un simple rituel de confirmation. Nous ne pouvons pas ignorer ces signaux », a déclaré Faya Millimouno.
Il a ensuite insisté sur la nécessité de séparer clairement l’État des partis politiques :
« L’unité nationale est sacrée, mais l’uniformité politique est dangereuse », a-t-il affirmé. Il a poursuivi : « Il faut qu’on sépare clairement l’État du parti. La Guinée est passée par là (…). C’est extrêmement important. Il faut donc séparer l’État du parti. La démocratie meurt quand l’administration devient une extension d’un camp politique. Il faut que nous imposions une interdiction stricte de l’usage des moyens de l’État à des fins politiques. Parce que, si le seul agenda du gouvernement de Bah Oury est aujourd’hui la construction d’un parti-État, il faut bien se poser la question de ces fonds qu’il est en train d’utiliser proviennent d’où ? ».
Le responsable de la CPR a également appelé les acteurs politiques, y compris ceux en exil ou sous pression, à défendre le pluralisme. Il a confirmé la participation de sa coalition aux prochaines élections.
Bangaly Soumah













