Le mémorandum du procureur Abdoulaye Israël Kpogomou n’a pas fait qu’alerter l’opinion publique. Il a lancé un défi difficile à relever par le Garde de Sceau, ministre de la Justice et des droits de l’homme, Alphonse Charles Wright. Celui de prouver que sa décision de le suspendre de ses fonctions de Procureur du tribunal de première instance de Labé « pour manque de professionnalisme » ne souffre pas de manque de professionnalisme. Le président de l’AMG apporte son soutien actif à la victime.
Et voilà maintenant que le président de l’AMG (Association des magistrats de Guinée) apporte sa caution aux allégations du procureur victime de suspension complètement infondée !
DECISIONS INFONDEES
Mohamed Diawara soutient que la décision de suspension du procureur du Tribunal de première instance de Labé est sans fondements. « En principe, le garde des Sceaux devrait attendre qu’il soit auditionné par l’Inspection générale et cela il faut préciser que le rapport devait parvenir à l’Inspecteur général dans un délai de soixante-douze heures, sauf erreur de ma part. Franchement, il est allé vite en besogne. Et c’est ce qui n’est pas normal. Dans notre domaine, c’est la prudence. Toute prise de décision doit être fondée sur une analyse minutieuse. Si cela n’est pas fait, l’erreur n’est jamais admissible chez un magistrat. Chez nous, on ne peu pas admettre l’erreur, surtout en pareille circonstance. Parce qu’une suspension infondée à l’égard d’un magistrat est vraiment déplorable pour une institution judiciaire comme la nôtre. Surtout que ce n’est pas la première fois » que le ministre Alphonse Charles Wright se permet une telle décision. Laissant de la sorte le libre court aux interrogations sur les actes du ministre Wright qui provoquent des dégâts collatéraux extrêmement nombreux.
SANCTIONS ARBITRAIRES
Le président de l’AMG a été lui aussi victime des décisions erronées du Garde des Sceaux Wright. Par l’arrêté «1991 », Alphonse Charles Wright a suspendu le 16 août 2022 Mohamed Diawara de ses fonctions pour « manquement grave aux devoirs de son état, à l’honneur, à la délicatesse ou à la dignité de sa profession et à l’acte contraire à son serment de magistrat avec effet immédiat de la saisine directe du Conseil supérieur de la magistrature ». Le ministre Wright accuse le président de l’AMG Diawara d’avoir signé et publié dans la presse une déclaration de protestation à l’égard de sa décision d’engager des poursuites judiciaires contre le président du Tribunal de Commerce, le magistrat Pierre Lamah, pour des faits présumés de corruption. Alors que l’affaire est portée devant le Conseil supérieur de la magistrature, le ministre révoque Mohamed Diawara de ses fonctions de procureur du Tribunal pour enfants de Conakry. Un acte ministériel qui ternit l’image de l’appareil judiciaire et sape les fondements mêmes de la profession de magistrat en Guinée.
















