En marge du Forum des administrations fiscales ouest-africaines (FAFOA), ouvert à Conakry, le Premier ministre Bah Oury a plaidé en faveur d’une refonte profonde du modèle économique extractif du pays. En toile de fonds, augmenter les recettes fiscales issues des ressources minières tout en renforçant la transformation locale.
« L’année 2026 sera celle de l’optimisation fiscale dans le secteur minier », a déclaré le chef du gouvernement devant les délégations présentes. Il a insisté sur la nécessité de récupérer les revenus non collectés et de mieux valoriser les flux économiques générés par les industries extractives. « Trop de richesses échappent encore à l’État. Nous devons traquer toutes les recettes potentielles du secteur. »
Le constat est clair : la Guinée, bien que riche en bauxite, or, fer et autres minerais stratégiques, reste cantonnée à un statut de pays d’extraction brute, avec une faible valeur ajoutée locale. « Il est temps de rompre avec ce modèle hérité des décennies passées », a martelé Bah Oury. « Notre ambition n’est pas de nous contenter d’exporter du minerai brut, mais de transformer nos ressources ici, pour créer des emplois, stimuler d’autres secteurs et asseoir une croissance durable. »
La stratégie présentée s’articule autour de deux axes majeurs : d’une part, une politique de recouvrement fiscal rigoureuse visant à maximiser les recettes publiques ; d’autre part, la montée en puissance de la transformation industrielle locale. Selon le Premier ministre, cette approche permettra de réinjecter une part plus importante des revenus miniers dans les infrastructures, la formation, et l’agriculture, des secteurs clés dans l’économie guinéenne : « La Guinée est, avant tout, un pays agricole. Les ressources minières doivent financer notre développement rural, notre souveraineté alimentaire, et contribuer à diversifier notre économie », a-t-il expliqué.
Face à la réduction progressive de l’aide publique au développement, le Premier ministre a lancé un appel à la responsabilité budgétaire et à l’autonomie des États africains. « Nous devons sortir du cycle de dépendance et de surendettement. La baisse des aides doit être un déclic, pas un frein. Il est temps de nous prendre en main, de compter sur nos propres ressources et de construire une souveraineté économique réelle », a-t-il insisté.
Bhoye Diallo














