L’édition 2025 de l’Intra-African Trade Fair (IATF), organisée à Alger, a marqué une étape décisive pour l’intégration économique du continent. Pendant plusieurs jours, décideurs, entrepreneurs et investisseurs se sont réunis autour d’un objectif commun : faire de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) une réalité concrète, appuyée par des mécanismes innovants comme le Pan-African Payment and Settlement System (PAPSS).
Deux voix se sont particulièrement distinguées : Mme Kanayo Awani, vice-présidente exécutive d’Afreximbank, et le Pr. Benedict Okey Oramah, président de la banque panafricaine. Tous deux ont insisté sur l’urgence de transformer les textes et accords en actions tangibles, afin de convertir le potentiel africain en prospérité partagée.
Le PAPSS, présenté comme le moteur financier de la ZLECAf, illustre cette volonté. Ce système de paiement inédit permet aux entreprises africaines de commercer dans leurs monnaies locales, réduisant ainsi les coûts et délais des transactions, tout en limitant la dépendance vis-à-vis du dollar et de l’euro. « Sans un système de paiement fluide et rapide, le commerce intra-africain restera limité », a averti Mme Awani, soulignant son rôle stratégique pour la réussite de l’intégration.
Cependant, des obstacles demeurent : fragmentation des systèmes financiers, manque d’infrastructures numériques et inclusion encore limitée des PME et des start-ups. Pour le Pr. Oramah, Afreximbank doit être le catalyseur de solutions adaptées, en développant des outils financiers, logistiques et technologiques capables de renforcer la compétitivité des entreprises africaines sur la scène mondiale.
Les progrès sont néanmoins visibles. Déjà, 49 pays ont ratifié l’accord sur le commerce numérique, ouvrant la voie aux certificats d’origine électroniques, aux paiements interopérables et à des procédures douanières harmonisées. Autant de leviers qui devraient faciliter les échanges, accroître l’accès aux marchés régionaux et renforcer l’inclusion des jeunes, des femmes et des PME dans le commerce continental.
L’IATF 2025 restera ainsi dans l’histoire comme un jalon essentiel de la concrétisation de la ZLECAf. Elle a confirmé que l’avenir économique de l’Afrique passe par une intégration plus profonde, soutenue par des solutions africaines pour relever les défis africains. La trajectoire est tracée : bâtir une Afrique unie, moderne et compétitive, tournée vers la prospérité partagée.
Convergencegn.com / BF













