Le 39ᵉ sommet de l’Union africaine s’est achevé ce week-end à Addis-Abeba, en Éthiopie. Pour la Guinée, cette rencontre marquait la première participation du président Mamadi Doumbouya, un peu plus d’un mois après son investiture à la magistrature suprême.
Prenant la parole devant ses homologues, le chef de l’État guinéen a rappelé le rôle historique de la Guinée dans la construction de l’unité africaine et l’émancipation des peuples du continent.
« La Guinée est un membre fondateur de l’Organisation de l’Unité Africaine, ancêtre de notre Union sacrée depuis nos pères fondateurs. Elle a toujours porté haut l’idéal panafricain : celui d’une Afrique libre, solidaire, stable et résolument tournée vers le progrès. Aujourd’hui plus que jamais, cet idéal doit guider notre action collective », a-t-il déclaré.
Le président a également évoqué les défis auxquels le continent est confronté, en insistant sur les attentes des populations.
« Nos peuples attendent des résultats concrets. Ils attendent de nous non seulement des déclarations, mais surtout des transformations tangibles dans leur quotidien : l’accès à l’énergie, à l’éducation, à la santé, à l’emploi et à la dignité économique. C’est dans cet esprit que la Guinée a engagé une dynamique profonde de repositionnement diplomatique, économique et institutionnel. »
Face à ces enjeux, Mamadi Doumbouya a proposé plusieurs axes d’action à l’échelle du continent.
« Nous devons collectivement accélérer les réformes structurantes autour de trois priorités majeures :
Premièrement, l’industrialisation et la transformation locale de nos ressources. Exporter nos matières premières sans valeur ajoutée ne peut plus être la norme. Nous devons produire, transformer et commercer africain;
Deuxièmement, l’intégration économique et les infrastructures continentales. Routes, chemins de fer, énergie, numérique : sans interconnexion réelle, notre marché continental restera sous-exploité malgré la Zone de libre-échange africaine;
Troisièmement, le capital humain. L’éducation, la formation technique, la science, l’innovation et désormais l’intelligence artificielle doivent devenir les piliers de notre compétitivité collective. »
À noter que, pendant deux jours, les chefs d’État et de gouvernement de l’organisation panafricaine ont échangé sur les principales crises qui affectent le continent, notamment les enjeux sécuritaires, les défis énergétiques, la lutte contre le terrorisme ainsi que les coups d’État anticonstitutionnels.
Bhoye Diallo













