L’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry a accueilli, ce mardi 3 mars 2026, la cérémonie officielle d’intégration de la deuxième cohorte de 300 enseignants-chercheurs appelés à renforcer les universités publiques guinéennes. Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la réforme engagée par les autorités pour faire évoluer le système d’enseignement supérieur.
La cérémonie s’est tenue sous la présidence du Premier ministre, chef du gouvernement, Bah Oury, en présence du ministre de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique, Faya François Bourouno, ainsi que de responsables universitaires, d’autorités administratives et des nouveaux membres du corps académique.
Prenant la parole, la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique, Dre Diaka Sidibé, a présenté cette intégration comme une orientation structurante pour le secteur.

« L’intégration de trois cents enseignants-chercheurs titulaires du doctorat n’est pas un simple événement administratif. C’est un acte politique fort, un choix stratégique du gouvernement et un investissement majeur dans le capital humain universitaire », a-t-elle déclaré.
Cette cohorte fait suite à l’intégration de 155 enseignants-chercheurs en octobre 2024. En moins de deux ans, 450 docteurs ont ainsi rejoint les universités publiques du pays.
Selon la ministre, l’évaluation de la première cohorte, lancée en 2024, fait état d’un score moyen global de performance d’environ 78 %. Plus de 54 % des enseignants recrutés ont été classés dans les catégories « satisfaisant » ou « excellent ». Au total, 487 cours ont été dispensés durant l’année universitaire, avec un volume horaire supérieur aux obligations statutaires.
D’après les autorités, ces résultats ont contribué à réduire les vacances de cours, à limiter les retards académiques et à stabiliser les programmes, notamment dans les cycles de master.

Les nouveaux enseignants-chercheurs auront pour mission de participer à la révision des maquettes pédagogiques, au renforcement de la méthodologie, à l’encadrement doctoral, au développement des publications scientifiques et au montage de projets de recherche susceptibles de mobiliser des financements.
« Nous attendons un impact mesurable dans nos institutions », a insisté la ministre.
Le ministère prévoit un dispositif de suivi et d’évaluation. Chaque enseignant sera soumis à un cahier de charges individuel prévoyant la traçabilité des activités pédagogiques et scientifiques, la documentation des encadrements ainsi qu’un reporting des publications et projets de recherche.
Des revues semestrielles seront organisées, suivies d’une évaluation annuelle pouvant aboutir à la reconduction ou à la suspension du contrat. Selon le ministère, l’objectif est d’inscrire la performance académique dans une logique mesurable.
Les recteurs et directeurs généraux des établissements d’enseignement supérieur sont appelés à assurer l’intégration des nouveaux enseignants, notamment par leur affectation dans les départements, leur participation aux équipes pédagogiques et aux conseils scientifiques, leur implication dans les écoles doctorales et la mise en place de binômes pédagogiques avec les enseignants guinéens.
Un calendrier a été fixé : l’accueil institutionnel devra intervenir dans un délai d’une semaine et la constitution des équipes pédagogiques dans les deux semaines suivant l’arrivée des recrues.
Trois axes prioritaires ont été définis pour les prochaines années : le renforcement de l’encadrement des masters et doctorats, avec la réduction des délais de soutenance et l’exigence d’au moins un article scientifique publiable par doctorant ; le développement d’une production scientifique alignée sur des priorités nationales telles que l’agriculture, l’énergie et la transformation productive ; et la promotion d’une culture de projets favorisant la participation à des appels à financements compétitifs et la création de partenariats internationaux.
Par ailleurs, Dre Diaka Sidibé, a rappelé la portée de ce programme pour le pays : « Chaque franc guinéen mobilisé doit produire de la qualité académique, de la compétence nationale, de la crédibilité scientifique et de l’employabilité », a-t-elle affirmé.
Avec l’intégration de cette deuxième cohorte, les autorités entendent poursuivre le renforcement des effectifs universitaires et consolider la place de l’enseignement supérieur dans les politiques de développement national.

Bhoye Diallo














