À moins de dix-huit mois de l’échéance qu’elle s’est fixée, la CEDEAO maintient son objectif de lancer l’ECO en 2027, tout en optant pour un déploiement progressif de la monnaie unique. Réunis le 19 juillet en Sierra Leone, les chefs d’État et de gouvernement ont confirmé ce calendrier, privilégiant une première phase ouverte aux seuls pays respectant les critères de convergence macroéconomique.
Dans son communiqué final, la Conférence des chefs d’État indique que le lancement concernera les pays « respectant les critères de convergence et prêts à participer ». Cette option permet à l’organisation régionale de poursuivre le projet sans attendre que l’ensemble des États membres remplissent les conditions économiques et institutionnelles requises.
Le sommet ne précise toutefois pas quels pays composeront cette première union monétaire. En février, à l’issue de consultations à Monrovia, le Liberia, le Nigeria, le Ghana, la Sierra Leone, la Guinée et la Gambie avaient été évoqués comme premiers candidats. Cette liste ne figure pas dans les conclusions adoptées le 19 juillet. Le texte ne tranche pas non plus sur une éventuelle participation de certains États de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), qui utilisent déjà le franc CFA.
Au-delà du calendrier, plusieurs décisions restent à prendre. La CEDEAO reconnaît que des « questions en suspens » doivent encore être examinées par les gouverneurs des banques centrales. Elles portent notamment sur la gouvernance de la future banque centrale commune, les mécanismes de décision et les modalités de coexistence entre l’ECO et la zone CFA.
Pour accélérer les travaux, la Commission de la CEDEAO et l’Agence monétaire de l’Afrique de l’Ouest ont reçu pour mandat d’approfondir les consultations techniques et de soumettre leurs propositions à la Task Force présidentielle sur la monnaie unique, attendue avant le sommet ordinaire de décembre 2026.
Sur le plan juridique, l’enregistrement de la marque « ECO » auprès de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI) constitue une étape dans la préparation du projet. Il ne règle cependant ni la composition du premier groupe d’États participants ni les derniers arbitrages institutionnels nécessaires à la mise en œuvre de la monnaie unique.
En maintenant l’échéance de 2027, la CEDEAO conserve son calendrier tout en privilégiant une mise en œuvre graduelle. Les prochains mois seront consacrés à la finalisation des mécanismes de gouvernance et à l’évaluation des États susceptibles d’intégrer la première phase de l’union monétaire.
Synthèse: Bhoye Diallo














