Selon le rapport régional 2026 de la Banque africaine de développement (BAD), l’Afrique de l’Ouest devra mobiliser entre 90 et 100 milliards de dollars par an pour atteindre ses objectifs de développement.
Toutefois, l’institution estime que le principal problème ne réside pas dans le manque de capitaux, mais dans la difficulté des économies de la sous-région à transformer leur épargne en investissements productifs.
Une croissance soutenue, mais un investissement limité
La BAD prévoit une croissance régionale de 4,7 % en 2026, après 4,8 % en 2025. Cette dynamique repose principalement sur l’agriculture, les mines, les hydrocarbures ainsi que les investissements publics dans les infrastructures et l’énergie.
Malgré cette croissance, le niveau d’investissement reste insuffisant. La formation brute de capital fixe représente seulement 23 à 24 % du PIB régional, contre plus de 33 % dans les pays à revenu intermédiaire.
Selon la BAD, cet écart limite les gains de productivité, la création d’emplois et la réduction durable de la pauvreté.
Une mobilisation fiscale encore insuffisante
L’institution souligne également la faiblesse des ressources internes. Dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), la pression fiscale a atteint 14,9 % du PIB en 2025, bien en dessous de l’objectif communautaire fixé à 20 %.
Le rapport met en avant le poids des exonérations fiscales et des régimes dérogatoires, qui réduisent les recettes publiques. Au Sénégal, les dépenses fiscales représentent 4,2 % du PIB, contre 2,9 % en Côte d’Ivoire.
Par ailleurs, le secteur informel concentre près de 92 % des emplois dans la sous-région, compliquant davantage la collecte des impôts.
Une épargne peu orientée vers les investissements de long terme
La BAD estime que les fonds de pension et les compagnies d’assurance investissent principalement dans les titres publics à court terme, au détriment des infrastructures et des secteurs productifs.
À l’échelle du continent, les investisseurs institutionnels africains gèrent près de 4 000 milliards de dollars d’actifs, mais moins de 3 % de ces ressources sont consacrées aux infrastructures.
L’institution plaide ainsi pour une meilleure intégration des marchés financiers et une réorientation de l’épargne vers les investissements à long terme.
Selon la BAD, l’efficacité des investissements publics demeure un autre défi majeur. L’institution estime que 41 dollars sur 100 investis en Afrique ne se traduisent pas en capital productif.
Elle rappelle qu’une meilleure gestion des investissements publics pourrait générer des économies importantes et favoriser l’investissement privé.
Pour la BAD, la réussite des politiques de développement dépendra de la capacité des États à améliorer la collecte des ressources, à rationaliser les exonérations fiscales et à renforcer l’efficacité des dépenses publiques.
Bhoye Diallo













