Le déficit commercial de l’Afrique avec la Chine a atteint 80,07 milliards de dollars au cours des huit premiers mois de 2026, en hausse de 34,48 % sur un an, selon l’Administration générale des douanes chinoises.
De janvier à août, les exportations chinoises vers l’Afrique ont augmenté de 25,8 %, à 177 milliards de dollars. Les importations chinoises en provenance du continent ont atteint 96,93 milliards de dollars, en hausse de 19 %. Au total, les échanges sino-africains se sont élevés à 273,94 milliards de dollars, soit une progression de 23,3 %.
La Chine diversifie ses marchés
Cette hausse intervient dans un contexte de renforcement des barrières commerciales sur plusieurs marchés occidentaux et de surcapacités dans certaines industries chinoises. Pékin cherche ainsi davantage de débouchés sur les marchés du Sud global, notamment en Afrique, en Asie du Sud-Est et en Amérique latine.
La Chine augmente notamment ses achats de matières premières africaines, dont les minerais, les produits énergétiques et certains produits agricoles.
L’effet de l’exemption des droits de douane accordée aux produits africains reste toutefois difficile à mesurer. Son extension à 20 pays africains non-PMA est entrée en vigueur le 1er mai 2026. Par ailleurs, 33 pays africains bénéficiaient déjà depuis décembre 2024 du traitement tarifaire nul accordé par la Chine aux pays les moins avancés.
Le commerce entre les deux parties reste marqué par un déséquilibre structurel. L’Afrique exporte principalement des matières premières et des produits peu transformés, tandis que la Chine fournit surtout des machines, équipements, produits électroniques et technologies destinées notamment aux infrastructures et aux énergies renouvelables.
La baisse des droits de douane facilite l’accès au marché chinois, mais ne suffit pas à augmenter la valeur ajoutée des exportations africaines.
Selon les orientations d’Afreximbank, la réduction du déficit passe notamment par le développement de chaînes de valeur régionales, la transformation des produits agricoles et miniers, ainsi que l’amélioration des infrastructures et des corridors logistiques.
L’enjeu pour l’Afrique reste donc d’accroître ses capacités de transformation afin d’exporter davantage de produits à valeur ajoutée vers le marché chinois.
Bhoye Diallo














