Premier producteur mondial de bauxite, la Guinée cherche à accroître la valeur économique tirée de ses ressources minières. L’accord conclu entre Nimba Mining Company (NMC), société publique guinéenne, et Glencore s’inscrit dans cette stratégie, avec la volonté de Conakry d’élargir la coopération au raffinage de l’alumine, à l’énergie et à d’autres investissements stratégiques dans un secteur minier en pleine progression ces derniers temps.
L’accord conclu le 7 septembre 2026 à Paris, prévoit un préfinancement de plus de 300 millions de dollars et la commercialisation par Glencore de 10 à 12 millions de tonnes de bauxite par an pendant cinq ans, soit jusqu’à 60 millions de tonnes sur la période.
Pour Nimba, ce dispositif sécurise une partie du financement et les débouchés de sa production. Pour l’État guinéen, l’enjeu est de faire des revenus issus de la bauxite, un vecteur important pour développer des activités créant davantage de valeur sur le territoire.
De la bauxite au raffinage
Selon le ministre des Mines, Bouna Sylla, la Guinéé souhaitait étendre le partenariat avec Glencore au-delà de la commercialisation du minerai, notamment dans le raffinage de l’alumine, l’énergie et d’autres investissements stratégiques.
Mais il faut aussi souligner en gras, qu’a ce stade, aucun montant, calendrier ni projet précis n’a été annoncé pour ces éventuels investissements. Leur concrétisation sera donc déterminante pour mesurer la portée économique du rapprochement.
Créée en août 2025 après la reprise des actifs de Guinea Alumina Corporation, Nimba doit générer des ressources permettant à l’État de diversifier ses activités minières. Après un premier chargement de 200 000 tonnes en novembre 2025, la société affirme avoir exporté plus de 5 millions de tonnes. Elle vise 10 millions de tonnes en 2026, 12 millions à partir de 2027, puis 14 millions de tonnes à terme.
Ces volumes doivent notamment contribuer au financement d’une raffinerie d’alumine. Nimba prévoit également de développer des activités dans l’or et les métaux de base, avec notamment un accord conclu avec l’australien Resolute Mining pour explorer des opportunités dans le secteur aurifère.
Diversifier les partenaires sans réduire le poids de la Chine
Le rapprochement avec Glencore intervient alors que la Chine demeure le principal débouché de la bauxite guinéenne. Plus de 70 % des exportations de bauxite du pays sont destinées au marché chinois, tandis que des entreprises liées à Pékin détiennent une participation de contrôle dans le projet Simandou.
Conakry cherche ainsi à diversifier ses partenariats sans remettre en cause ses relations avec la Chine. Le Moyen-Orient figure notamment parmi les marchés ciblés, comme l’illustre le règlement du différend avec Emirates Global Aluminium (EGA).
Cette diversification s’étend également à la chaîne logistique. Avec la création de la Guinéenne des transports maritimes (Guitram), l’État entend exercer son droit à une participation de 50 % au transport maritime des exportations prévu par le Code minier.
En un comme en mille, il faut noté que l’enjeu économique sera donc de transformer les volumes exportés et les revenus générés en raffinage local, production d’énergie, emplois, infrastructures, recettes publiques et nouveaux investissements industriels.
Bhoye Diallo













