La Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Artisanat de Guinée (CCIAG), a échangé avec des opérateurs économiques, ce samedi 28 mars 2026, à Matam, dans un contexte marqué par des tensions sur la liquidité. En toile de fond de la rencontre faire une restitution des discussions récentes avec le président de la République, Mamadi Doumbouya, et de présenter les mesures envisagées pour faire face à la crise de liquidité persistante en Guinée.
Commerçants, importateurs, industriels et responsables administratifs ont pris part à cette réunion. Les échanges ont porté sur la confiance dans le système bancaire et l’usage des circuits financiers formels.
Dans sa prise de parole, le président de la CCIAG, Mamadou Baldé, est revenu sur la rencontre tenue avec le chef de l’État.

« Le président de la République a tenu à s’adresser directement au secteur privé. C’est une marque de considération et de confiance », a-t-il déclaré.
Selon lui, les discussions ont porté sur la situation de la liquidité.
« Le sujet était simple : la situation de la liquidité que nous vivons aujourd’hui. Et les échanges ont été francs, directs et constructifs », a-t-il expliqué.
Quelles sont les mesures annoncées pour endiguer la crise de liquidité ?
Parmi les mesures évoquées figure l’approvisionnement des banques en devises.
« Le président a instruit le gouverneur de la Banque centrale de prendre toutes les dispositions pour alimenter les banques primaires en devises afin de couvrir les besoins des importateurs », a indiqué Mamadou Baldé.
Il a également rappelé l’importance du respect du secret bancaire.
« Aucune banque ne doit divulguer les informations sur les comptes des clients. Le secret bancaire doit être total », a-t-il insisté.
Autre mesure annoncée, l’invité aux opérateurs économiques à privilégier les opérations bancaires pour mettre fin à la thésaurisation.
« Il faut cesser de transporter l’argent en espèces. Toutes les opérations doivent être domiciliées dans les banques.Les banques doivent assurer l’escorte sécurisée des fonds pour rassurer les opérateurs. De même, le président a été clair : dans un mois, il sera évalué si les recommandations sont suivies », a déclaré le président de la chambre de commerce.
Le président communal de la Chambre de commerce de Matam, Saïkou Oumar Diallo, a évoqué le rôle de la commune.

« Matam abrite le plus grand centre économique et d’affaires du pays et de la sous-région », a-t-il indiqué, tout en appelant à une implication des acteurs économiques.
« Il est attendu de chacun de nous un engagement responsable pour un système économique plus moderne et plus solide », a-t-il déclaré.
Pour sa part, le directeur national du commerce intérieur et de la concurrence, représentant de Madame la Ministre de l’industrie et du commerce a mis l’accent sur le rôle des banques.

« La banque est la maison de l’argent. Tout autre endroit est un lieu de risque », a indiqué Mohamed Traoré.
Il a évoqué les avantages du recours au système bancaire.
« Un opérateur qui travaille avec sa banque renforce sa crédibilité et peut plus facilement bénéficier de crédits. Lorsque les grosses opérations se font en espèces, cela réduit la disponibilité de liquidités pour les ménages », a-t-il soutenu.
Les intervenants ont appelé les opérateurs économiques à s’impliquer dans la gestion de la situation. Les autorités misent sur la collaboration avec le secteur privé pour améliorer la circulation des fonds.
Bhoye Diallo














