Depuis le 1er août 2026, les avocats représentant l’Agent judiciaire de l’État (AJE) ont décidé de suspendre leur participation à l’ensemble des procédures impliquant l’État guinéen. La décision a été annoncée dans une correspondance adressée aux autorités compétentes le 29 juillet dernier.
Mais pourquoi les avocats ont-ils pris cette décision ?
Réunis au sein d’un collectif, ces avocats justifient leur retrait par l’absence de paiement de leurs honoraires depuis plus de deux ans. Selon eux, plusieurs dossiers ont continué d’être traités malgré le non-versement des provisions prévues, une situation qui fragilise désormais le fonctionnement de nombreux cabinets.
Dans leur lettre, les avocats indiquent avoir assuré la défense des intérêts de l’État dans des procédures complexes nécessitant d’importantes ressources humaines et financières. Ils estiment que les engagements pris à leur égard n’ont pas été respectés.
Le collectif pointe également des difficultés liées à la gestion des fonds recouvrés et des biens saisis, désormais transférés à l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (AGRAS). Les avocats affirment qu’aucune garantie suffisante n’a été mise en place pour assurer le règlement des honoraires prévus dans les conventions conclues avec l’AJE.
Par ailleurs, plusieurs conventions d’honoraires seraient toujours en attente de signature, ce qui, selon les intéressés, entretient une incertitude juridique et financière.
Pour envisager une reprise de leurs activités, les avocats demandent notamment le paiement des provisions en souffrance, la signature des conventions en attente ainsi que des garanties sur le règlement des honoraires liés aux fonds recouvrés.
Le collectif précise que cette suspension vise à attirer l’attention des autorités sur les difficultés rencontrées par les cabinets concernés et appelle à l’ouverture de discussions afin de parvenir à une solution. La suite des négociations dépendra désormais des échanges entre les représentants des avocats et l’Agent judiciaire de l’État.
Bhoye Diallo













