La Guinée figure parmi les principales destinations africaines des investissements directs étrangers (IDE) en 2025. Selon le Rapport sur l’investissement dans le monde 2026 de la CNUCED, le pays a enregistré 7,8 milliards de dollars d’IDE, contre environ 1,4 milliard en 2024, soit une progression de 457 % en un an.
Cette évolution place la Guinée au premier rang en Afrique de l’Ouest et au deuxième rang continental, derrière l’Égypte. Elle s’explique notamment par l’intérêt des investisseurs pour le potentiel minier du pays et les infrastructures liées au développement du projet Simandou.
Simandou, moteur des investissements en Guinée
La progression des IDE guinéens est principalement portée par le secteur minier. Les projets liés au minerai de fer, à la bauxite et particulièrement à Simandou mobilisent d’importants capitaux internationaux.
Le développement de Simandou comprend l’exploitation du minerai de fer ainsi que la construction d’infrastructures ferroviaires et portuaires. Cette combinaison entre ressources minières, infrastructures et perspectives d’exportation renforce l’intérêt des investisseurs pour la Guinée.
Le défi consiste désormais à transformer ces investissements en retombées durables pour l’économie nationale, notamment à travers la transformation locale des ressources, le développement des entreprises guinéennes, la création d’emplois qualifiés et le transfert de technologies.
L’Afrique attire près de 70 milliards de dollars d’IDE
À l’échelle du continent, les IDE ont atteint près de 70 milliards de dollars en 2025, répartis entre 54 économies, contre 94 milliards en 2024. Les dix premières destinations concentrent toutefois plus de 70 % des flux.
L’Égypte et l’Éthiopie figurent parmi les principaux bénéficiaires. L’Éthiopie s’appuie notamment sur sa croissance économique et son marché intérieur, tandis que l’Égypte conserve une place importante dans les flux d’investissements vers l’Afrique.
La Côte d’Ivoire mise sur la diversification
La Côte d’Ivoire présente un modèle différent de celui de la Guinée, fondé davantage sur la diversification sectorielle et l’accueil de nouveaux projets industriels.
Selon la CNUCED, les projets greenfield ont progressé de 5 % en Afrique en 2025, une dynamique notamment portée par l’Égypte et la Côte d’Ivoire. Industrie, agro-industrie, énergie, infrastructures, logistique et services contribuent à cette diversification.
Le pays cherche également à mobiliser des financements pour son Plan national de développement 2026-2030, évalué à 209 milliards de dollars. La stabilité macroéconomique et la visibilité du cadre économique participent à son attractivité.
Deux modèles, un même enjeu
La Guinée et la Côte d’Ivoire illustrent deux approches de l’attraction des capitaux étrangers. En Guinée, les investissements sont principalement liés aux ressources minières et aux grands projets d’infrastructures. En Côte d’Ivoire, ils reposent davantage sur la diversification et l’implantation de nouvelles capacités de production.
Pour la Guinée, les 7,8 milliards de dollars d’IDE enregistrés en 2025 traduisent l’intérêt porté à son potentiel minier et économique. L’enjeu sera désormais de faire de ces investissements un levier d’industrialisation, de création d’emplois et de diversification de l’économie nationale.
synthèse du rapport : Bhoye Diallo















