Les projecteurs sont tournés vers la banque centrale ce jeudi 20 août, où la tension reste palpable après une journée agitée la veuille. Et pour cause, un mouvement de débrayage est observé depuis mercredi 19 août 2026 au siège de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), ainsi que dans les agences de Labé et de N’Zérékoré. Les travailleurs protestent contre l’interpellation de trois membres de la délégation syndicale, convoqués à la Direction centrale de la police judiciaire (DPJ).
Cette situation intervient alors que le syndicat de la BCRG avait déposé un préavis de grève couvrant la période du 10 au 20 août. Selon des informations recueillies auprès de travailleurs, les convocations des syndicalistes font suite à une plainte qui aurait été déposée par un membre de la sécurité rapprochée du gouverneur de la Banque centrale.
Les trois syndicalistes ont été entendus à la DPJ sur des faits présumés de menace, d’agression et de trouble à l’ordre public, selon une source au sein de la délégation syndicale. À l’issue de leur audition, ils ont été déférés au Tribunal de première instance de Kaloum, où ils doivent être entendus par un juge d’instruction.
Les travailleurs conditionnent la reprise du travail
Au sein de la BCRG, cette procédure a entraîné la suspension des activités dans plusieurs sites. Les travailleurs affirment vouloir attendre l’issue de la procédure visant leurs représentants avant de reprendre normalement leurs fonctions.
« Il n’y aura pas de travail tant que nos camarades syndicalistes convoqués à la DPJ ne seront pas libres », a indiqué une source proche des travailleurs.
La situation pourrait prendre une nouvelle tournure à l’expiration du préavis de grève, prévue ce jeudi 20 août. Des travailleurs envisagent en effet de maintenir le mouvement et d’aller jusqu’à l’arrêt complet des activités si leurs collègues ne sont pas libérés.
Pour l’heure, les travailleurs demandent davantage d’informations sur les faits à l’origine de la plainte et sur la procédure engagée contre leurs représentants. Ils disent également attendre les suites judiciaires de l’audition des trois syndicalistes.
L’évolution de cette procédure judiciaire pourrait ainsi peser sur le fonctionnement de la BCRG dans les prochains jours, alors que le dialogue entre la direction et la représentation syndicale reste au centre des préoccupations des travailleurs.
Bhoye Diallo















