A partir de ce 1er mai 2026, la Chine applique un régime de zéro droit de douane sur les produits en provenance de 53 pays africains dont la Guinée et qui ont des relations diplomatiques avec elle. La mesure, annoncée lors du sommet de l’Union africaine en février à Addis-Abeba, exclut l’Eswatini et doit rester en vigueur jusqu’en avril 2028.
Pékin accompagne cette décision de dispositifs destinés à faciliter l’accès des exportations africaines à son marché. Les pays concernés ne sont pas tenus d’accorder un traitement réciproque.
Selon de nombreux observateurs, cette ouverture devrait soutenir les exportations africaines, notamment celles de matières premières et de produits agricoles, en améliorant leur compétitivité. Elle pourrait aussi atténuer le déséquilibre commercial entre les deux partenaires.
Mais les effets restent incertains. En 2025, les échanges sino-africains ont atteint 348 milliards de dollars. Les exportations chinoises ont progressé plus rapidement que celles de l’Afrique, creusant un excédent de plus de 100 milliards de dollars en faveur de Pékin. La tendance se poursuit début 2026, avec une hausse plus marquée des ventes chinoises.
La structure des échanges limite l’impact de la mesure. L’Afrique exporte majoritairement des ressources peu transformées minerais, hydrocarbures, produits agricoles tandis qu’elle importe des biens manufacturés à plus forte valeur ajoutée.
Pour la Chine, la suppression des droits de douane présente plusieurs avantages. Elle renforce son rôle de premier partenaire commercial du continent, sécurise ses approvisionnements en ressources naturelles et soutient la compétitivité de ses entreprises. Elle s’inscrit aussi dans un contexte de rivalité économique avec les États-Unis.
L’accès élargi au marché chinois offre donc des débouchés supplémentaires, mais ne modifie pas à lui seul la position de l’Afrique dans les échanges internationaux. La montée en gamme des exportations reste un enjeu central pour les économies du continent.
Bhoye Diallo














