En Guinée, le riz occupe une place importante dans l’agriculture et l’alimentation. Mais malgré son potentiel, le pays reste dépendant des importations pour couvrir une partie de ses besoins. Pour réduire cet écart, les autorités cherchent à améliorer les rendements et à moderniser les techniques de production.
Selon nos informations, le ministère de l’Agriculture a annoncé, le 4 septembre dernier, la signature d’un protocole d’accord avec l’Institut Daniel Franco du Brésil. Ce partenariat doit contribuer au développement de la riziculture et à l’objectif d’autosuffisance fixé par les autorités. « Ce défi, nous comptons le relever en nous appuyant sur l’expérience éprouvée de l’Institut Daniel Franco », indique le ministère.
Cette coopération intervient après une initiative engagée avec des partenaires chinois. À Koba, dans la région de Boké, une expérimentation de riz hybride a été lancée en août avec la société YILONGHE Plantation et Développement Agricole Guinée SARL. Le projet prévoit une démonstration sur 1 000 hectares, dont 500 hectares déjà concédés, ainsi qu’un transfert de techniques de production de semences hybrides aux producteurs guinéens.
Un important potentiel de productivité
Ces partenariats répondent notamment au déficit de rendement de la filière guinéenne. Selon les données de la FAO pour 2024, le rendement moyen du riz était de 1,5 tonne par hectare en Guinée, contre 7,14 tonnes en Chine et 6,72 tonnes au Brésil.
La Chine dispose par ailleurs d’une longue expérience dans le développement du riz hybride, tandis que le Brésil possède une expertise importante dans la riziculture tropicale et irriguée. Pour la Guinée, l’enjeu est donc de tirer parti de ces expériences pour améliorer les pratiques agricoles, les semences, l’irrigation et les rendements.
L’écart reste également important entre la production nationale et la consommation. En 2024, la Guinée aurait importé plus d’un million de tonnes de riz, alors que les autorités visent l’autosuffisance à l’horizon 2030.
Cette ambition s’inscrit désormais dans le cadre du volet agricole de Simandou 2040, lancé en juin 2026. Le programme prévoit d’importants investissements dans la modernisation de l’agriculture, notamment la structuration de 5 000 coopératives, le développement d’une centaine d’agrégateurs et la construction ou la réhabilitation de plus de 20 000 kilomètres de pistes rurales.
Pour la filière rizicole, la priorité sera de transformer les expérimentations et transferts de technologies en gains de rendement durables, tout en renforçant les capacités des producteurs et les infrastructures agricoles. L’objectif est de faire progresser la production locale et de réduire progressivement la dépendance aux importations.
Bhoye Diallo














