Le gouvernement guinéen veut davantage s’appuyer sur l’épargne nationale pour financer ses investissements. L’État a lancé, ce vendredi 25 septembre 2026, un emprunt obligataire par appel public à l’épargne de 2 500 milliards de francs guinéens, rémunéré à 11 % sur cinq ans. L’opération, conduite par Afriland First Bank Guinée, est ouverte jusqu’au 23 octobre.
Après les 1 500 milliards GNF mobilisés en 2025, l’objectif progresse d’environ 67 %. L’opération vise à renforcer le financement intérieur et à développer le marché financier national.
Les ressources doivent contribuer au financement des investissements du programme Simandou 2040, notamment dans les infrastructures, l’énergie, l’éducation, la santé et l’agriculture.
Pour la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, la mobilisation des ressources intérieures occupe une place importante dans la stratégie de financement de l’État.

« Le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget a pour mission d’élaborer et de mettre en œuvre la stratégie de financement de l’État guinéen. Dans cette stratégie, le financement intérieur, la mobilisation des ressources intérieures occupe une place clé », a-t-elle expliqué tout en ajoutant : « Nous voulons aussi accroître notre capacité à financer nous-mêmes nos besoins d’investissement, à financer nous-mêmes notre développement avec le marché financier local. »
Le recours au marché national permet également de mobiliser des ressources en monnaie locale et de limiter l’exposition aux risques de change. Le directeur du Financement, Aboubacar Sidiki Diakité, a souligné cet enjeu.
Le gouverneur de la BCRG, Karamo Kaba, a également insisté sur ce choix.

« Choisir d’emprunter en franc guinéen protège nos finances publiques contre les risques de change liés aux devises étrangères », a-t-il souligné.
Selon lui, le taux de 11 %, dans un contexte d’inflation maîtrisée selon les autorités monétaires, offre aux investisseurs un rendement réel positif, avec la garantie liée à la signature de l’État.
Les banques mettent en avant le potentiel du marché
Selon Guy Laurent Fondjo, administrateur directeur général d’Afriland First Bank Guinée, le secteur bancaire dispose aujourd’hui d’importantes ressources.

« Le secteur bancaire actuellement a plus de 10 000 milliards de ressources collectées dans le secteur bancaire, soit une augmentation de six fois depuis dix ans et trois fois depuis les trois dernières années », a-t-il indiqué.
Pour l’arrangeur, le montant recherché reste inférieur au potentiel du marché.
« Je pense même que les 2 500 milliards, c’est très peu par rapport au potentiel. Je suis sûr qu’on ira au-delà de ces 2 500 milliards », a déclaré Guy Laurent Fondjo.
Quel impact pour l’économie ?
Au-delà de la mobilisation des fonds, l’enjeu porte sur leur utilisation. Les 2 500 milliards GNF doivent financer des projets prioritaires de Simandou 2040, notamment dans les infrastructures, l’énergie, l’éducation, la santé et l’agriculture.
L’objectif est de transformer une partie de l’épargne nationale en investissements publics susceptibles de soutenir l’activité économique, l’emploi et les infrastructures.
Pour les finances publiques, l’émission obligataire implique aussi une gestion rigoureuse des ressources mobilisées et du remboursement futur de l’emprunt. L’effet économique attendu dépendra notamment de la capacité des investissements financés à produire des retombées durables.
Un nouveau test pour le marché financier
Présentée par les autorités comme la plus importante émission obligataire de l’État sur le marché domestique, l’opération vise également à approfondir le marché financier guinéen.
Le syndicat de placement comprend notamment Afriland First Bank, Ecobank, BCI, VistaGui, FBNBank, Orabank et Sky Bank.
L’Association professionnelle des banques souligne le rôle des établissements financiers dans la mobilisation de l’épargne et le financement de l’économie. Elle met aussi en avant l’exonération fiscale attachée aux titres de l’APE, susceptible de favoriser la participation des investisseurs nationaux.
Après plusieurs émissions réalisées par l’État, l’opération de 2026 constitue un nouveau test pour la capacité du marché financier guinéen à mobiliser des ressources importantes.
Bhoye Diallo















